Affaire Baupin : la Cosse, la brute et les truandes

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Les écologistes ne sont jamais en retard d’un bon spectacle. Cette fois, c’est Tartuffe chez les féministes. Avec les mêmes ressorts : les discours sont ridiculisés par les actes, le réel brut se venge de la mascarade sociale, un dieu comique fait régner un peu de justice en poussant le héros à être pleinement ce qu’il est pour humilier totalement ce qu’il dit. À cette différence près que, dans cette pièce-ci, tout le monde est Tartuffe.

Emmanuelle Cosse, militante LGBT devenue ministre, pourfend le machisme chez les autres mais couvre, en bonne épouse bourgeoise du XIXe siècle, les turpitudes de son conjoint. Promoteur de la loi contre le harcèlement, Denis Baupin se met du rouge à lèvres le 8 mars par solidarité avec les femmes-victimes, mais pratique la tentative de chope-limite sur les « bonnasses » de son parti. Celles-ci trouvent enfin le courage de dénoncer l’innommable de la souffrance, l’irreprésentable de l’horreur, mais quatre ans après et faits prescrits – une fois que le couple a trahi EELV pour un maroquin ministériel.

D’un acteur à l’autre, on monte en puissance dans la tartufferie. De facture victorienne chez Cosse, dirigeante de ligue de vertu féministe faisant du gras à l’ombre de la « phallocratie », elle est plus vaudevillesque chez Baupin, dont on découvre donc qu’il ne pense pas seulement avec sa conscience bobo-progressiste. Elle est orwellienne, enfin, chez ses dénonciatrices. Pourquoi ont-elles attendu aussi longtemps, ces pauvres petites choses ? Mais c’est qu’elle vivaient sous le système de terreur masculine incarné par Denis le « rouge à lèvres » ! Comme s’il n’y avait pas dans la France de 2016 des armées d’avocat(e)s, d’associations, de journalist(e)s (?!?) prêtes à fondre sur ce genre d’affaires comme la vérole sur le bas clergé breton. Comme si ces cadres d’EELV étaient des isolées du quart-monde ignorant ces moyens de défense. Comme si nous vivions, sinon dans certains quartiers, à Riyad ou Lagos…

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